B. QUELLE STRATÉGIE FACE À LA BAISSE DES REVENUS ?

Pour faire face à cette tendance baissière, certains éditeurs adoptent une stratégie de diversification, en développant des activités dans l'événementiel, les services aux entreprises ou encore les activités d'agence de communication, de traitement ou d'exploitation des données. Selon l'Alliance pour la presse d'information générale (APIG), la diversification représente déjà en moyenne 20 % des revenus des journaux imprimés en France. Certains groupes de presse ont particulièrement investi cette stratégie de diversification. À titre d'exemple, le groupe Le Télégramme réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 200 millions d'euros dont près de la moitié ne provient pas de ses activités de média (organisation de festivals, détention d'un site d'offres d'emploi, etc.).

(2025)

Au-delà de ces tentatives de diversification, seule une profonde évolution du partage de la valeur, impliquant notamment les revenus issus des droits voisins et de l'intelligence artificielle générative, serait susceptible de faire évoluer la situation économique actuelle de la presse.

C. LES AIDES À LA PRESSE : DES ÉVOLUTIONS CONTRASTÉES AU SEIN DU PLF 2026

Le secteur de la presse, dont le rôle est essentiel pour le bon fonctionnement de la démocratie, est soutenu par d'importantes aides budgétaires. Si le montant global de ces aides connaît une légère baisse entre 2026 et 2025, l'importance de la part des aides à la diffusion, qui restent stables, a pour effet de masquer une diminution sensible des aides à la modernisation, qui subissent une diminution de 11 millions d'euros, soit près d'un tiers. Par ailleurs, les aides au pluralisme demeurent au même niveau qu'en 2025.

Évolution des aides à la presse en 2026

(en millions d'euros)

Aides

PLF 2026

Évolution 2026/2025

Aides à la diffusion

129,7

=

Aides au pluralisme

23,2

=

Aides à la modernisation

25,3

- 30,3 %

Total aides programme 180

178,2

- 5,8 %

Compensation versée à La Poste - programme 134

38,5

- 10 %

Total des deux programmes

232,3

- 2,6 %

Enfin, même si le montant ne figure pas dans le programme 180, le secteur de la presse bénéficie de 38,5 millions d'euros inscrits sur le programme 134 et fixés conformément au contrat d'entreprise 2023-2027 entre La Poste et l'État, qui vise à compenser les tarifs préférentiels de La Poste pour la presse.

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