Projet de loi Projet de loi de finances pour 2026
Direction de la Séance
N°II-202
28 novembre 2025
(1ère lecture)
SECONDE PARTIE
MISSION SPORT, JEUNESSE ET VIE ASSOCIATIVE
(n° 138 , 139 , 144)
AMENDEMENT
| C | |
|---|---|
| G | |
| En attente de recevabilité financière | |
présenté par
Mmes OLLIVIER et de MARCO, MM. BENARROCHE, Grégory BLANC, DANTEC, DOSSUS, FERNIQUE et GONTARD, Mme GUHL, MM. JADOT et MELLOULI, Mme PONCET MONGE, M. SALMON et Mmes SENÉE, SOUYRIS et Mélanie VOGEL
Article 49 (crédits de la mission)
(État B)
Consulter le texte de l'article ^
I. – Créer le programme :
Plan d’urgence de rénovation et de sécurisation des piscines
II. – En conséquence, modifier ainsi les crédits des programmes :
(en euros)
Programmes | Autorisations d’engagement | Crédits de paiement | ||
| + | - | + | - |
Sport |
| 200 000 000 |
| 200 000 000 |
Jeunesse et vie associative |
|
|
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|
Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 |
|
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Plan d’urgence de rénovation et de sécurisation des piscines | 200 000 000 |
| 200 000 000 |
|
TOTAL | 200 000 000 | 200 000 000 | 200 000 000 | 200 000 000 |
SOLDE | 0 | 0 | ||
Objet
Le présent amendement du Groupe Écologiste – Solidarité et Territoires vise à mettre en place un Plan d’urgence national de rénovation de nos piscines.
Depuis l’opération « 1 000 piscines » lancée à la fin des années 1960, les piscines municipales constituent un pilier de l’apprentissage de la natation et de l’accès au sport et aux loisirs pour des millions de personnes. Cet effort historique a permis une véritable démocratisation de la pratique, mais plus de cinquante ans plus tard, cet héritage arrive en fin de vie : la majorité de ces équipements approchent aujourd’hui ou dépassent cinquante ans, et près de 40 % sont considérés comme vétustes, avec des installations techniques obsolètes et des risques croissants de fermeture.
La crise énergétique a aggravé cette situation : l’explosion des coûts du gaz et de l’électricité transforme les piscines publiques en charges insoutenables pour les collectivités, alors même qu’elles sont indispensables pour l’apprentissage du savoir-nager, la pratique sportive et l’accueil du public scolaire. Elles jouent également un rôle essentiel dans un pays confronté à des étés de plus en plus chauds, en offrant un accès équitable à des espaces de fraîcheur, de santé et de bien-être. C’est un choix politique de modèle : renforcer les piscines comme un service public, plutôt que laisser se multiplier les piscines individuelles, coûteuses, inégalitaires et consommatrices d’eau.
L’absence d’investissement, de rénovation et de construction dans les territoires sous-dotés — en particulier les zones rurales et les Outre-mer, où la piscine municipale est souvent le seul équipement aquatique — met aujourd’hui en péril l’égalité d’accès au sport, l’apprentissage de la natation et la mission même du service public. Les collectivités, seules en première ligne, n’ont plus les moyens d’assumer un tel effort. Or les rénovations peuvent permettre 60 à 80 % d’économies d’énergie, preuve que cet investissement est aussi écologique qu’économique.
Face à un parc de près de 2 900 piscines anciennes, pour un coût de rénovation d’environ 4 millions d’euros par piscine, le besoin national de rénovation est estimé à plusieurs milliards d’euros dans les années à venir. Ce coût est important, mais il est indispensable pour éviter une vague de fermetures, garantir l’accès de tous au sport et assurer la transition énergétique de ces équipements essentiels.
Cet amendement propose d’engager immédiatement un effort initial de 200 millions d’euros, première étape d’un investissement croissant dans les années à venir, afin de lancer les rénovations prioritaires, sécuriser les installations les plus en difficulté et amorcer un véritable Plan national d’urgence pour les piscines françaises.
Le groupe Écologiste - Solidarité et Territoires regrette que ce sujet fondamental ne soit pas inclus dans une grande loi de programmation du sport, que nous demandons depuis des années. À défaut, nous appelons à la mise en place d’une programmation budgétaire spécifique pour les équipements structurants — dont les piscines — permettant enfin de traiter ce besoin urgent de manière cohérente et durable.
Enfin, ce plan doit s’accompagner d’une réflexion nationale sur l’avenir de la baignade en ville, notamment dans les fleuves et rivières, afin d’anticiper les nouveaux usages et de préparer nos territoires aux effets du changement climatique.
Cet investissement, bien qu’ambitieux, est indispensable pour préserver un service public vital, garantir l’égalité territoriale et assurer l’avenir de la natation et du sport pour toutes et tous.
Nous proposons de transférer 200 millions d’euros en crédits de paiement et en autorisations d’engagement depuis l’action 02 « Développement du sport de haut niveau » du programme 219 « Sport » vers un nouveau programme appelé « Plan d’urgence de Rénovation et de Sécurisation des Piscines ».
Les règles de recevabilité nous imposent de gager cette mesure par un transfert de crédits depuis un autre programme de la mission. Nous appelons néanmoins le Gouvernement à lever le gage.