Question de M. SAURY Hugues (Loiret - Les Républicains) publiée le 20/02/2025

M. Hugues Saury attire l'attention de Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur l'état actuel de la recherche sur les xénogreffes en France.

Les récentes avancées en matière de xénogreffes aux États-Unis ouvrent des perspectives prometteuses pour la transplantation d'organes. Récemment, une patiente américaine, Towana Looney, atteinte d'une insuffisance rénale terminale, a reçu une greffe de rein provenant d'un porc génétiquement modifié. Cette opération, réalisée par une équipe de l'hôpital universitaire de l'Alabama à Birmingham, représente une avancée importante dans la lutte contre la pénurie d'organes.

Cette problématique est également cruciale en France. L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) relevait plus de 20 000 personnes en attente de greffe au 1er janvier 2024, alors que seulement 5 636 transplantations ont pu être réalisées.

Afin d'accompagner le développement des xénogreffes en France et de favoriser leur acceptation par la société, il souhaiterait connaître les mesures que le Gouvernement envisage de mettre en place sur les plans éthique et réglementaire, pour soutenir la recherche et faciliter l'intégration de cette approche innovante dans notre système de santé.

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Transmise au Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins


Réponse du Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins publiée le 31/07/2025

La xénogreffe, ou xénotransplantation, consiste à greffer chez l'être humain un organe en provenance d'une autre espèce animale, le plus fréquemment de porcs, avec lesquels nous partageons de nombreuses similarités morphologiques et physiologiques. Le développement des techniques d'édition du génome permet de rendre des porcs immunologiquement compatibles avec l'être humain et de prévenir les rejets hyperaigus des greffons. Entre 2021 et 2024, neuf xénogreffes de coeur, rein et foie ont été réalisées sur des patients décédés, essentiellement aux Etats-Unis, et cinq xénotransplantations ont été réalisées sur des patients vivants à travers le monde. Ce type de greffes suscite des espoirs en France, au sein des associations de patients spécialisées notamment, du fait de l'insuffisance du nombre de greffons disponibles. La xénogreffe pose néanmoins d'importantes questions d'ordre juridique et éthique, qui expliquent qu'elle n'ait pas encore atteint le stade de la recherche clinique dans notre pays. Le sujet avait été abordé lors des états généraux de la bioéthique ayant préfiguré la loi éponyme du 2 août 2021. Il le sera très probablement à nouveau dans la perspective de la prochaine révision des lois de bioéthique françaises à horizon 2028. L'ensemble des acteurs de la chaîne du prélèvement et de la greffe est mobilisé, dans le cadre de la mise en oeuvre du plan ministériel ad hoc adopté pour la période 2022-2026, pour augmenter le nombre de donneurs et donc de greffons disponibles, au bénéfice des patients receveurs. Ainsi, en 2024, l'activité de greffe a augmenté plus vite (+7,1 %) que le nombre d'inscrits actifs sur la liste nationale d'attente (+5,5 %). Le nombre de décès de personnes inscrites en liste d'attente a par ailleurs baissé de 9,8 %.

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